Le temps est au grand beau ce dimanche là, et on se donne rendez-vous pour faire la visite classique du gouffre de Pertuis (Chézard-Saint-Martin, NE). En janvier, Tanguy et Valentin avaient peiné à monter en voiture sous la neige jusqu’à la cluse du même nom, mais cette fois-ci, on arrive à se parquer au plus près de l’entrée, côté nord de la cluse. Pour sa part, Jonas arrive tout harnaché de cuir noir sur sa moto. On se change sous le soleil et très vite, il est temps de passer sous terre.
On suit les cordes en place et sur la vire très esthétique au dessus du puits de la chapelle Gut, on entend bien la rivière qui cascade vers les profondeurs. On arrive au départ du plus grand puits, Bambel part en flèche, suivi de Tanguy, puis Valentin. On s’émerveille tous assez des volumes et de l’ambiance!
Bambel est au fond du trou ou s’engouffre l’eau du grand puits. C’est arrosé, et ça siphonne très vite au bas de la corde, et on y est en bonne compagnie : une multitude de sangsues mimi-tout-plein. Mais la suite de la visite est autre part !
Sur une plateforme en bas du puits, on trouve les amarrages qui permettent d’accéder à la suite. Il y a des relents de cadavre qui nous assaillent les narines. L’origine, intéressante quoique glauque est vite trouvée : une grenouille putréfiée, engoncée dans ses pontes, apparemment encore vivantes, elles. Charmant.
La grenouille (Jonas Stöcklin)La grenouille (Tanguy Racine)
Tanguy équipe le dernier petit puits qui donne sur un chantier de désobstruction, à la base duquel on fera la pause pique-nique. Il faut remonter, mais pas si vite ! Joël et Valentin empochent chacun un flash asservi pour tenter une photo depuis le bas du grand puits. Tout le monde met la main à la pâte pour prendre le cliché, puis c’est la remontée. A la belle vire au dessus du puits, on pose pour une petite photo de groupe. Le GSP est bien sorti en force! Merci à chacun pour la très chouette sortie!
Les étages du grand puits (T. Racine)La vire esthétique (T. Racine)Près de la sortie (T. Racine)
Participants : Jonas (GSP), Axel (Tritons), Vincent (GSBR), Mann (GSBR), Alain (GSBR).
Vincent qui équipe la buse d’entrée
Pour terminé un weekend de Pâques en beauté, quoi de mieux que d’aller se traîné dans la boue en bas de 100m de puits? Il y a sûrement beaucoup de bonne réponse à cette question, mais nous on était pas au courant. On est donc parti pour équiper ce gouffre, qui était d’ailleurs déjà équipé en fixe mais comme Vincent voulait absolument porter des cordes et faire des nœuds, on l’a laissé faire.
Mann et Alain en bas du Puits du Karcher
La descente est rythmée par les chutes de pierres principalement provoquée par Mann et Jonas et par Vincent qui préfère tressé des nœuds sous la supervision de Axel plutôt que d’utiliser des mousquetons qui étaient d’ailleurs bien assez nombreux pour équiper cette cavité. Une fois en bas on profite d’un bon bain de boue afin d’entretenir notre peau soyeuse et on fait quelques photos avec les concrétions.
Vincent qui admire la belle cascade de concrétion au dessus du lac
Un rapide casse-croute s’impose après ces aventures. Suite à quoi on se met sur le chemin du retour, car il y a de la route pour rentrer à la maison. Vincent part devant suivi de Alain et de Jonas pendant que Mann et Axel déséquipent.
Et c’est ainsi que se conclu cette sortie qui clôture un beau weekend interclub marqué par la bonne humeur, la bonne nourriture, et les plans B quotidiens.
Présent.e.s: Jonas & Tanguy (GSP), Axel (Tritons), Clara, Vincent, Mann & Alain (GSBR)
Temps sous terre: 7h30
Pour le samedi du weekend de Pâques, Jonas envoie une invitation à rejoindre une équipe interclub dans le but d’effectuer la traversée Follatons-Fées, à Vallorbe. La fonte nivale présage malheureusement que les parties aval siphonneront et l’idée de traversée est abandonnée avant même l’entrée dans la grotte. La plupart des canyons alentours sont en crue, en témoigne une sortie crépusculaire de Jonas et Axel le jour précédent.
L’équipe se donne rendez-vous au parking pour les Fées, et traverse un petit bout de forêt enneigé avant de s’engager dans l’entrée aménagée de la Baume des Follatons. Les puits gouttent un peu, mais la descente est rapide. Au pied d’un beau puits sombre, le pénultième avant de gagner les galeries horizontales du fond, il faut négocier un chaos rocheux déjà bien dégoulinant. L’un des blocs effondrés en base de corde est très riche en fossiles long de plus de 10 cm dont la forme de coquille a une hélice conique (Turritellidae?).
On descend alors le dernier puits et on désescalade pour entrer dans une suite de passages bas, boueux, par endroits parcourus de cours d’eau. Les premiers fléchages apparaissent et toute l’équipe s’engage avec abandon dans un passage en trou de serrure, bien coupant et apparemment assez bien arpenté. Les fléchages ont disparu, et la progression devient plus engagée: on s’est fourvoyé.
On rebrousse alors notre chemin et on retrouve, au dessus de nos tête un marquage réfléchissant qui nous avait échappé: il fallait grimper dans une lucarne mouillée entre plusieurs blocs pour accéder au niveau supérieur, la galerie Merlin. La progression est plus aisée, et on suit les marqueurs avec plus d’attention jusqu’à pénétrer dans une série de galeries spacieuses, entrecoupées de désescalades et escalades bien grasses. Finalement, on décide de grignoter le casse-croûte dans la salle qui précède la galerie des mille-feuilles.
Salle de pique-nique (Tanguy Racine)
Les mille-feuille en question semblent être une succession de remplissages argileux varvés, dont une partie a été vidangée. Juste après, on grimpe dans la salle Jurassique, puis de l’autre côté on se met à courir dans les galeries encore plus spacieuses des Titans, des Méduses, du Dôme. Très vite, on trouve le lac Victory, dans lequel Axel choisit de s’immerger pour une petite séance photo. C’est la fin de la visite pour aujourd’hui, et on fait demi-tour pour ressortir par les Follatons, et apprécier de nouveaux les espaces impressionnants qu’on vient de parcourir.
Un oeuf de Pâques (Tanguy Racine)Les mille-feuille (Jonas Stöcklin)le lac Victory (Tanguy Racine)
Au retour, on s’arrête dans la galerie des Titans pour une photo de groupe et on progresse à pleine vapeur jusque à la désescalade de la galerie Merlin vers les galeries basses. Par un besoin indescriptible de revivre des expériences brutes dans des méandres exigus, une partie de l’équipe se fourvoie de nouveau juste après la désescalade, puis revient vers les passages bas et boueux qui mènent aux puits. La remontée est sportive et humide, du fait de la fonte nivale qui a accéléré durant l’après-midi. Etonnamment, c’est le Puits de la Douche qui rince le moins sur cette remontée, chaque goulotte en tête de puits apportant sa dose rafraîchissante. Néanmoins, c’est le sourire aux lèvres qu’on se retrouve à l’extérieur, et qu’on aperçoit, sans toutefois y toucher, des tâches de soleil parmi les arbres.
Photo de groupe dans la galerie des Titans (Tanguy Racine)
La « Rouge Eau » coule bien et c’est limite-limite pour la descente du Puits des Douches (Tanguy Racine)
On se donne rdv pour entrer dans la grotte dès 9h30 afin d’équiper avant que le groupe SCJ n’arrive. C’est Helene qui s’y colle pour le premier puits (des Mirages), avec ses parois bien glissantes et bien noires. Ensuite, Tanguy prend le relais jusqu’après les Puits des Douches et Puits des Manœuvres, bien arrosés tous deux. La descente vers la salle -92 se fait par la galerie de la Cheminée qui Pisse, itinéraire qui nécessite la pose de quelques amarrages naturels supplémentaires pour sécuriser la descente.
Helene prend ses aises dans la salle -92 (Tanguy Racine)
Ensuite, l’équipe remonte les escalades qui mènent à la Galerie du Grand Jour, joliment concrétionnée, et comportant d’assez importants plaquages de galets sur les parois (rien d’exotique en termes de provenance a priori, on reste sur des calcaires jurassiens, du local). On y retrouve les cordes recouvertes de croûte de calcite photographiées précédemment en janvier par Jonas. A nouveau, les ressauts sont équipés sur de l’amarrage naturel de type stalagmitique.
Le passage supérieur, qui donne ensuite accès à la galerie du Grand Jour est bien concrétionné! (Tanguy Racine)
L’équipe se divise alors: les spéléos du SCJ s’engouffrent vers les rampings du fond de la cavité, à la recherche de courants d’air, tandis que Tanguy et Helene commencent un atelier photo dans le passage concrétionné et à la salle -92. A la sortie, Gauvain et Chloé déséquipent les anciennes cordes en place, maintenant tonchées à de multiples endroits, et couvertes d’une belle couche de tourbe, tandis que Delphine et Edwyn déséquipent celles (de millésime plus récent) posées par Helene et Tanguy.
Le soleil (ce jour-ci en retard d’une heure!) accueille l’équipe en haut des puits, bénissant de ses rayons cette opportune sortie interclub.
Le dimanche 15 mars 2026, une expédition aux multiples objectifs c’est retrouvée sur un parking proche de la glacière de Monlési, dans la vallée de la Brévine (NE).
Cette sortie avait en effet plusieurs buts : découvrir ce joyau neuchâtelois, recenser les chauves-souris qui y hibernent, réaliser quelques belles photos sous la direction de Tanguy, et initier plusieurs néophytes à la spéléologie.
Un look d’enfer Photo : Jonas StöklinBon, on y va ou bien ? Photo : Léane Wyssen
Les membres du GSP présents étaient Valentin Michel, Tanguy Racine, Jonas Stöcklin et Léane Wyssen. Les initié·e·s du jour étaient quant à eux Elie Kernen, Camille Van Gool, Alfio Laini, Neal Mathes et Colleen Laird.
Le puits d’entrée sous la neige. Photo : Léane Wyssen
Grâce à un retour inopiné de l’hiver, la marche d’approche s’est déroulée dans un décor enneigé, tout comme le puits d’entrée, magnifiquement recouvert d’un manteau blanc. Les stalactites de glace observées à l’entrée laissaient présager de belles découvertes à l’intérieur, et nous n’avons pas été déçus !
Jonas apprend à compterAtlas le titan de glaceL’amour brille sous les stalactites Photos : Tanguy Racine
Après avoir joyeusement exploré la salle principale et effectué le comptage des chauves-souris en hibernation, Tanguy et Jonas ont équipé les cordes permettant d’accéder à l’étage inférieur. Tanguy en a profité pour faire une démonstration de spéléologie glacière en réalisant un amarrage à l’aide de vis à glace, offrant ainsi une excellente introduction aux techniques verticales pour les participant·e·s.
Introduction à la spéléologie glacière Photo : Tanguy Racine
Une fois tout le monde réuni en bas, Tanguy a proposé un petit cours de glaciologie souterraine, avant d’immortaliser le moment avec quelques photos de groupe.
La plèbe et le couple royal Photo : Tanguy Racine
Une boîte de conserve rouillée, prise dans la glace, a également suscité la curiosité générale et alimenté quelques discussions sur son origine et son âge. À noter que, fait remarquable, l’équipe est restée suffisamment sage pour ne pas toucher à la bouteille d’absinthe qui les attendait au fond.
La boite de Pandore Photo : Tanguy Racine
Après avoir fait le plein de beaux souvenirs, le groupe a pris le chemin du retour. À la sortie, une bataille de boules de neige s’est spontanément déclenchée, illustrant parfaitement la bonne humeur qui a régné tout au long de la journée.
Le nouveau président du GSP ne joue pas dans les règles… Photo : Jonas Stöcklin
Une sortie complète, entre découverte, technique et convivialité, qui restera sans aucun doute dans les mémoires des participant·e·s !
Non non, vous n’hallucinez pas, un petit groupe d’aventuriers a bien décidé de retourner au Creux d’Entier moins d’un mois après la dernière visite du GSP. Jonas doit vraiment aimer cette cavité pour s’y rendre aussi souvent (ou alors il n’a pas voulu nous avouer y avoir perdu quelque chose la dernière fois !). Le mystère reste entier.
L’occasion était surtout belle pour Amandine de former Sébastien aux techniques verticales. Et nous pouvons confirmer que le lieu s’y prête à merveille.
Rendez-vous 8h au local afin de prendre une corde de 30m pour le puit d’accès, nous chargeons ensuite Joël en ville de Porrentruy. Pierre-Axel et Jonas nous rejoignent directement sur site. Le temps d’enfiler nos combinaisons par une bise glaciale à vous faire perdre un orteil avant de commencer toute activité souterraine, nous voici partis pour l’entrée de cette cavité.
A l’intérieur, la progression est très rapide. Les descentes de puits s’enchainent à une vitesse effrénée (Grands Puits, Puits du Bâlois), jusqu’à ce que nous nous retrouvions ralentis par une !@#$% d’étroiture verticale aux abords de la Galerie des Poupées.
Cette contrariété passée, non sans peine, nous poursuivons jusqu’à la salle des Gouttières, puis jusqu’à Capri où nous découvrons une tentative de désobstruction par minage. Nous rebroussons chemin et prenons le temps de casser la croûte en partageant un tube de moutarde avec nos cervelas. Ce tube de condiment sera la source d’une discussion saugrenue sur le sponsoring en milieu souterrain qui, nous l’espérons, restera au fond du Creux d’Entier.
Nous décidons ensuite de nous rendre de l’autre côté des Puits du Bâlois. En chemin, nous laissons Joël se reposer au bord du petit lac situé au pied du puit du Laminoir. Malheureusement, il ne trouvera pas de cocktail de bienvenue mais bien une boîte de conserve rouillée et un sac au contenu douteux. Nous poursuivons notre descente par un P11, un P6 et un dernier P10 pour nous retrouver dans les méandres. Nous remontons ensuite l’affluent jusqu’à la première escalade où nous décidons de mettre un terme à notre visite.
La remontée se déroulera sans accros grâce aux conseils d’Amandine et à la petite sangle disposée habilement pas Jonas sur une vire si bien connue des spéléologues. Nous retournons ensuite aux voitures pour nous déséquiper – tout en bénéficiant d’une petite séance de cryothérapie ! -, puis nous décidons de clôturer notre journée autour de cinq chocolats chauds à la Maison de la Tête de Moine.
Le rendez-vous est donné au local à 9h, et chose assez rare pour le souligner, tous les participants étaient en avance ! Après un rapide contrôle du matériel préparer le jour avant par Guillaume, on se rend sur place avec un beau paysage enneigé.
Réglage du matériel
Une fois sur place la corde est rapidement mise en place et les explications sont données aux deux novices, suite à quoi Jonas descend afin de les réceptionner pendant que Guillaume les supervises en haut du puits.
Quand tout le monde est arrivé en bas, on commence par se diriger vers le lac. On y voit deux petits rhinolophes et une salamandre tachetée.
Salamandre tachetéePetit rhinolophe
Après avoir vainement chercher des niphargus dans le lac et donné un rapide cours sur les concretions, on remonte pour redescendre de l’autre côté afin de profiter de la partie plus étroite de la grotte.
Et c’est déjà l’heure de remonter à la surface, Jonas monte en premier suivi des deux fraîchement initiés qui se débrouille bien à la remontée pour une première fois. Guillaume sort en dernier, le matériel est ramassé, et la petite sortie dominicale touche à sa fin.
Le 7 février 2026 à 16h30 s’est tenue l’assemblée générale du GSP au local de Villars-sur-Fontenais. Les dix-huit membres présent.e.s ont participé à l’élection du nouveau comité pour l’année 2026. Deux futurs membres étaient aussi de la partie pour animer l’ambiance de la réunion.
Le nouveau comité se compose donc comme suit: Tanguy Racine (président), François Biedermann (caissier), Delphine Lab (secrétaire), Jonas Stöcklin (chef expéditions), Guillaume Voisard (responsable matériel),
De plus, Joël Stöcklin continue ses responsabilités d’archiviste, tandis que Jean-Jaques Portenier continue de veiller aux stocks de la cantine du local.
Les trois personnes suivantes ont aussi été nommées membres d’honneur du GSP pour leur investissement et leur rôles centraux dans la vie du club: Guy Voisard, Jean-Jaques Portenier, Edouard Roth
Discussion animée autour de l’agenda de la séance
Le club se réjouit aussi d’accueillir parmi ses rangs Sébastien Choulat et Léane Wyssen à compter de l’année 2026!
On en profite pour rappeler que la spéléo, c’est ici au GSP, et on souhaite à tout.e.s une excellente année 2026, sur et sous terre!
Par un beau dimanche de janvier, la petite équipe s’en va compter les chauves-souris qui hibernent au Creux d’Entier. Une fois équipés, on se rend rapidement à l’entrée de la grotte, dans la quelle on ne tarde pas à aller se mettre au chaud.
Une fois à l’intérieur, la progression se fait rapidement, en bas des Grands Puits on traverse le méandre jusqu’au Puits du Bâlois. Là on se dirige vers la Galerie des Poupées, dans la quelle on arrive après moult contorsions, particulièrement pour les grands gabarits. C’est au bout de cette galerie que le trio s’arrête pour le moment le plus important de la sortie : le picnic. Une fois rassasiés, on scrute attentivement le plafond de la Salle des Gouttières à la recherche d’éventuels chiroptères. On y compte un grand murin, bien caché.
Grand murin dans la galerie des poupées
Sur le retour , on en repère deux de plus tout en haut de la Galerie des Poupées. La remontée se fait sans encombre et le retour au parking se fait dans le brouillard qui commence à s’installer.
Pause picnicEn bas des Grand PuitsDirection le Puits du BâloisDans les Grands Puits
Le rendez-vous est donné à 9h00 au bas du télésiège, en haut du village de Leysin. Les parkings sont déjà pleins. Arrivés à trois voitures, l’une d’entre elles ne trouve pas de place et Jean-Marc doit aller se garer au bas du village et prendre une navette.
Tout équipés en spéléo, nous n’avons pas de peine à acheter une montée simple, qui nous coûte tout de même 20.-
En trois virages, nous arrivons à l’entrée du trou. Interprétant les conseils de Julien (SCJ), nous descendons avec nos sacs dans la première petite salle pour nous changer à l’abri des regards et de la neige. Mais il y a de la neige dans cette petite salle quand même, et un bon courant d’air froid. Maud emporte ses skis pour réaliser une photographie décalée. Il est 10h30, nous sommes plutôt efficaces !
Une fois convenablement équipés, nous descendons dans la première salle-galerie, très impressionnante. Nous perdons assez vite Manu, qui apparait puis disparait, bref, un départ en dents de scie. Une fois repéré le sens de la visite, nous équipons le premier ressaut (P5), auquel il manque une corde (et des mousquetons). Heureusement, Julien (Vanessa !) nous avait avertis. Le deuxième puits est équipé. La corde, bien boueuse, augure de la suite.
Au bas d’une nouvelle et grosse galerie (la suite de la précédente, avec son même miroir de faille), un passage carrément étroit freine les ardeurs de Manu et Jean-Marc. Par chance, c’est court. Vient ensuite rapidement la désob. Frésard, qui a raison de la motivation de Manu. Philippe se propose pour rester avec lui et aller visiter les amonts. Nous convenons de nous retrouver au bistrot si nous ne sortons pas trop tard.
La suite reprend du volume et nous nous trouvons donc, Maud, Jean-Marc et moi, dans une belle galerie ébouleuse et sombre à souhait. Nous progressons d’un bon pas jusqu’à ce que le plafond s’abaisse brusquement et qu’une reptation s’annonce. Une longue corde et des bouts de tubes jonchent le passage bas et pavé de blocs. Un peu d’eau est visible de ci, de là. J’imagine que le passage peut se remplir plus ou moins d’eau et que les tubes sont des drains.
Une nouvelle étroiture se présente et Jean-Marc nous annonce que s’en est assez pour lui. Il rejoint les autres. Nous voilà donc plus que deux pour la visite.
Une quatrième étroiture nécessite à nouveau que je déplace mon descendeur sur le côté et que je défasse mon baudrier de torse. Je soupçonne les explorateurs (SCJ) d’avoir maintenu ces passages sélectifs à dessein.
À ce stade de la progression, Maud et moi sommes déjà bien couvertes de boue et cela va aller de mal en pis. Nous poursuivons vers une salle assez vaste et entièrement tapissée de glaise relativement sèche. Un coup d’œil à la topo et nous réalisons que le volume se noie presque entièrement. Quelques fistuleuses au plafond sont restées bien blanches.
Un shunt en haut d’une E6 livre l’accès à une suite. Pour ne pas finir bec dans l’eau, une intense réflexion, une bonne dose de souplesse et un fort gainage sont requis. J’ai oublié de signaler que Maud porte notre kit depuis le début de cette aventure, ce qui me convient tout à fait dans ce type de passage.
Prenant pied dans une nouvelle galerie très esthétique, noire, avec des blocs au sol, des strates au mur et des marmites çà et là, nous faisons enfin une pause pique-nique. Il est environ 13h30. Nous convenons d’un demi-tour à 15h00 pour une sortie vers 17h00.
La suite de la visite se fait dans un paysage très varié : on passe en à peine 5 mètres d’un large méandre à cupules à une vaste galerie ébouleuse. Des plans inclinés s’enchaînent, entrecoupés de petites désescalades. C’est très beau. On pressent que la remontée va être intense, vu le rythme soutenu de notre perte d’altitude.
Avec la très belle topo de Louis Stahelin (SCJ), nous nous guidons très facilement et évitons presque tous les diverticules annexes. Maud prend du temps pour récolter des gouttes pour le projet d’Anna Häuselmann et consorts (Uni Bâle) et nous arrivons déjà au fond du gouffre, avec son siphon et son bouchon de boue.
La galerie finale est vraiment très large. Il me semble que le miroir de faille des toutes premières salles est encore visible ici. Des concrétions cassées jonchent le sol, uniformément couvert de boue sèche. Nous prenons mille précautions pour ne pas laisser trop de traces de pieds ou de mains sur cette surface fragile.
On y voit de nombreuses figures de dépôts et d’érosion de sédiments (petits sapins d’argile, petites cheminées de fées, petits gours, petites rides de courant, étrange stalagmite de boue en forme de volcan, etc.). Il est 14h45, le timing est parfait : nous prenons le chemin du retour.
Comme prévu, la remontée est assez raide et les cuisses sont vite en feu. Les plans inclinés nous donnent l’impression de ne pas savoir monter au jumar, les passages boueux sont glissants à souhait, mais le paysage est toujours aussi varié et esthétique. Beaucoup de mondmilch et plusieurs sortes de concrétions au plafond donnent des contrastes saisissants.
Une fois franchie la dernière étroiture, le froid du dehors se fait sentir, saisissant, et nous nous rendons compte que nous sommes trempées de sueur et d’eau de flaque. Il ne faut pas trop traîner dans cet environnement.
On se change aussi rapidement que possible et c’est un véritable soulagement d’enfiler un pantalon de ski sec et doux. La doudoune n’est pas mal non plus, mais une épreuve imprévue nous attend encore.
Maud avait à peine retrouvé l’usage de ses doigts que nous réalisons que nous allons devoir nous extraire, ainsi que nos sacs, aussi pesants que des ânes morts, d’une espèce de désescalade étroite et glissante qui constitue le passage d’entrée de cette belle grotte.
Après moult essais et de gros efforts (nous y passons bien 15 minutes), nous sommes enfin dehors dans la neige et pouvons chausser les skis. J’annonce alors à Maud que nos efforts ne sont pas terminés, parce qu’avec mon niveau de ski, le sac sur le dos et les jambes bien entamées par la remontée, la descente à ski ne se fera pas en mode schuss :). Il est alors 17h45.
Par bonheur, les dameuses ont débuté leur ballet de nuit et la piste est toute douce sur quasiment l’entier de la descente. Je culpabilise un tout petit peu de saboter leur beau travail, mais n’ai aucune intention de me lancer dans du hors-piste. Qui plus est, un autre skieur nous rattrape d’on ne sait où et fait aussi une belle trace sur la piste toute neuve.
Le bas des pistes est atteint à 18h15. C’est le moment de faire un message à nos collègues et de désactiver notre gardien de piquet, qui n’est autre que Jean, que je vais rejoindre d’ici peu à Écoteaux.
Une très belle visite. Merci au SCJ pour les infos, l’explo, l’équipement et la topo !