Jonas ayant abandonné l’idée d’aller à Longirod avec une autre équipe et Valentin ayant envie de perfectionner ses techniques d’équipement, le choix de la sortie du jour s’est porté sur ce petit gouffre situé à la frontière entre le Jura Bernois et les Franches-Montagnes.
L’entrée du gouffre se situe dans un pâturage occupé par des vaches très peu inquiétée par la présence de deux bonhommes dans un drôle d’accoutrement. Une fois les barbelés franchis et la doline désecaladée, le gouffre s’ouvre par une voute assez large mais relativement basse dans laquel coule un ruisselet qui se jete dans le premier puits et qui nous suivra du long .
Arriver en haut de ce dernier Valentin est désemparé par la vétusté des amarrages et émet des doutes quand à leur solidité. Malgré ça, l’obstacle est franchi et le deuxième puits offre moins de résistance.
C’est en haut du p21 que ça se corse, les points d’ancrage sont rouillés, instables, et mal placés. Il faut aller chercher deux goujons qui se situent 2m au dessus mais désaxés et faire une déviation juste dans la tête de puits et la régler au poil afin d’éviter à la fois le frottement au dessus et en dessous.
En bas du puits s’ouvre une étroiture dans laquel coule toujours le ruisselet et qui arrive en haut du dernier puits. On observe dans ce puits une grande diversité dans les amarrages, ce qui n’empêche pas de descendre ces quelques mètres.
Valentin à la sortie de l’étroiture intermédiaire
Et c’est ici que le binôme fait demi-tour, Jonas ayant des douleur à la nuque n’a pas envie de s’aventurer dans le boyau long d’une vingtaine de mètres qui semble peu acceuillant et Valentin ne voulant pas s’y aventurer seul.
Une fois le matériel ramené au local et nettoyer la journée se conclu par une fondue bien méritée.
Jamais deux sans trois ! Après avoir visité le gouffre en janvier puis en avril, Valentin s’est rendu une troisième fois à Pertuis (Val-de-Ruz, Neuchâtel) pour aller se mesurer à ses puits de plus de 50 mètres.
La première fois, il y était allé pour compter les chauves-souris ; la deuxième, dans le cadre d’une sortie de club. Cette fois-ci, l’objectif était tout autre : créer des liens avec des spéléologues de clubs voisins, plus ou moins lointains. En effet, l’équipe s’est constituée lors du stage SSS du week-end précédent ! Un bel exemple de l’esprit de camaraderie qui règne dans le monde de la spéléologie.
De gauche à droite : Ulysse, Arthur, Valentin, Samia
Cette joyeuse équipe était composée de l’intrépide Samia Ben Messaoud (SCVJ), ainsi que des valeureux Arthur Guyaz et Ulysse Beuret, fiers représentants de la relève du SCMN.
La troupe est entrée dans la grotte un peu avant 11 h et, sous les conseils avisés des guides du club local, s’est tout de suite mise dans l’ambiance en descendant le puits de la Chapelle Gut et ses quelque 52 mètres de profondeur. Une première pour Samia et Valentin : la première parce qu’elle n’avait encore jamais visité la grotte, le second parce qu’il n’avait jamais emprunté cet itinéraire lors de ses précédentes visites.
Valentin essaye vainement de convaincre Samia que la taille n’est pas un avantage pour passer « Le Pas de Géant »…
Après avoir passé le « Pas de Géant », on rejoint le canyon pour se diriger vers le P.55. On tend l’oreille, car une petite pluie est annoncée et l’air du puits peut très rapidement se saturer en humidité. Néanmoins, rien à signaler, et la descente s’entame en parallèle, le puits étant désormais équipé de deux cordes ! Attention toutefois à ne pas s’emmêler les pinceaux : les cheminements se croisent à plusieurs endroits…
Arthur FrèndurUlysse SaglissQue du sérieux au SCMN… (Photo : Ulysse Beuret)
En arrivant au fond, les participant·e·s se réjouissent d’avoir participé au stage SSS quelques jours auparavant, car un nœud sur la corde leur barre la route ! Une fois cet obstacle franchi, on prend un casse-croûte puis on équipe le dernier petit puits afin d’aller jeter un œil à la désobstruction du fond. Et cela paraît très prometteur !
« Les gars, je vous juge je sens de l’air » (Photo: Ulysse Beuret)
La sortie se transforme également en mission de sauvetage : une pauvre grenouille s’est retrouvée coincée au fond, avec pour seule compagnie quelques sangsues. Les sauveteur·euse·s du jour la remontent à la surface dans un tup qui sent encore bon le sandwich.
S’entame alors la remontée, cette fois-ci par la galerie supérieure. Celle-ci sera ponctuée des remarques aussi insistantes qu’insupportables de Valentin, qui repère chaque croll laissé ouvert après un puits (comme si cela ne lui arrivait jamais !). Et comme le veut la devise : « Croll ouvert, tu payes ton verre », la prochaine rencontre de l’équipe s’annonce arrosée.
A la file indienne, indienne, indienne (Photo : Ulysse Beuret)
Toute bonne chose a une fin, et cette sortie n’a pas fait exception. Après environ six heures sous terre, l’expédition émerge à la lumière du jour, sous la pluie. Mais comme l’apprentissage n’est jamais terminé, Valentin se voit enseigner la descente d’un talus sur demi-cabestan afin de rejoindre la route située sous la grotte.
La grenouille est finalement relâchée, puis chacun se change rapidement sous la pluie avant de se séparer, non sans avoir discuté des envies respectives pour de prochaines sorties.
Au-delà de la visite elle-même, cette sortie interclubs a permis de riches échanges d’expériences, créé de nouveaux liens entre clubs et montré qu’une équipe qui se connaissait à peine une semaine auparavant était capable de mener à bien une opération de sauvetage dans les règles de l’art.
Bon, d’accord, il s’agissait d’une grenouille. Mais quand même !
Afin de se rafraîchir les idées et d’initier un ami de Kilian et de Marwane en ce chaud lundi de Pentecôte, une sortie est prévue au Creux Peugier, en France voisine. Ledit ami ne s’étant pas réveillé en ce lendemain de fête de village et les deux débutants ayant déjà fait leurs preuves, le choix se tourne finalement sur le Gouffre des Narines de Bœuf, non loin de Bellelay.
Il fait rapidement très chaud, alors la petite équipe ne traîne pas trop sur le parking, une fois dans la forêt, et malgré les nombreuses sorties faites dans ce gouffre, le groupe peine a trouver l’accès à la grotte car les bûcherons ont bûchronné et le petit sentier d’accès n’est plus visible.
Une fois à l’entrée, Jonas équipe le puits d’entrée et descend pendant que Joël supervise Marwane et Kilian. Quand tout le monde est au frais, la progression continue par le canyon jusqu’à la grande salle. Après avoir flâner entre les gros blocs qui meublent le paysage et explorer le fond de la grotte, la petite bande se sustente avant de prendre le chemin du retour.
Jonas prend la tête, Joël ferme la marche et déséquipe et la clique se retrouve rapidement à l’extérieur où il fait toujours autant chaud. La partie spéléo se termine sur le parking, mais une nouvelle quête démarre : trouver de la Tête de Moine ! Malheureusement le magasin local est fermé et l’automate est vide ! Ne s’avouant pas vaincus, l’équipe fait un détour par Saignelégier mais trouve l’automate de la fromagerie lui aussi vidé de son contenu. Déçu par cet échec, les spéléos rentrent au local pour nettoyer le matériel.