Sortie interclubs au gouffre de Pertuis – 04.05.2026

Jamais deux sans trois ! Après avoir visité le gouffre en janvier puis en avril, Valentin s’est rendu une troisième fois à Pertuis (Val-de-Ruz, Neuchâtel) pour aller se mesurer à ses puits de plus de 50 mètres.

La première fois, il y était allé pour compter les chauves-souris ; la deuxième, dans le cadre d’une sortie de club. Cette fois-ci, l’objectif était tout autre : créer des liens avec des spéléologues de clubs voisins, plus ou moins lointains. En effet, l’équipe s’est constituée lors du stage SSS du week-end précédent ! Un bel exemple de l’esprit de camaraderie qui règne dans le monde de la spéléologie.

De gauche à droite : Ulysse, Arthur, Valentin, Samia

Cette joyeuse équipe était composée de l’intrépide Samia Ben Messaoud (SCVJ), ainsi que des valeureux Arthur Guyaz et Ulysse Beuret, fiers représentants de la relève du SCMN.

La troupe est entrée dans la grotte un peu avant 11 h et, sous les conseils avisés des guides du club local, s’est tout de suite mise dans l’ambiance en descendant le puits de la Chapelle Gut et ses quelque 52 mètres de profondeur. Une première pour Samia et Valentin : la première parce qu’elle n’avait encore jamais visité la grotte, le second parce qu’il n’avait jamais emprunté cet itinéraire lors de ses précédentes visites.

Valentin essaye vainement de convaincre Samia que la taille n’est pas un avantage pour passer « Le Pas de Géant »…

Après avoir passé le « Pas de Géant », on rejoint le canyon pour se diriger vers le P.55. On tend l’oreille, car une petite pluie est annoncée et l’air du puits peut très rapidement se saturer en humidité. Néanmoins, rien à signaler, et la descente s’entame en parallèle, le puits étant désormais équipé de deux cordes ! Attention toutefois à ne pas s’emmêler les pinceaux : les cheminements se croisent à plusieurs endroits…

En arrivant au fond, les participant·e·s se réjouissent d’avoir participé au stage SSS quelques jours auparavant, car un nœud sur la corde leur barre la route ! Une fois cet obstacle franchi, on prend un casse-croûte puis on équipe le dernier petit puits afin d’aller jeter un œil à la désobstruction du fond. Et cela paraît très prometteur !

« Les gars, je vous juge je sens de l’air »
(Photo: Ulysse Beuret)

La sortie se transforme également en mission de sauvetage : une pauvre grenouille s’est retrouvée coincée au fond, avec pour seule compagnie quelques sangsues. Les sauveteur·euse·s du jour la remontent à la surface dans un tup qui sent encore bon le sandwich.

S’entame alors la remontée, cette fois-ci par la galerie supérieure. Celle-ci sera ponctuée des remarques aussi insistantes qu’insupportables de Valentin, qui repère chaque croll laissé ouvert après un puits (comme si cela ne lui arrivait jamais !). Et comme le veut la devise : « Croll ouvert, tu payes ton verre », la prochaine rencontre de l’équipe s’annonce arrosée.

A la file indienne, indienne, indienne
(Photo : Ulysse Beuret)

Toute bonne chose a une fin, et cette sortie n’a pas fait exception. Après environ six heures sous terre, l’expédition émerge à la lumière du jour, sous la pluie. Mais comme l’apprentissage n’est jamais terminé, Valentin se voit enseigner la descente d’un talus sur demi-cabestan afin de rejoindre la route située sous la grotte.

La grenouille est finalement relâchée, puis chacun se change rapidement sous la pluie avant de se séparer, non sans avoir discuté des envies respectives pour de prochaines sorties.

Au-delà de la visite elle-même, cette sortie interclubs a permis de riches échanges d’expériences, créé de nouveaux liens entre clubs et montré qu’une équipe qui se connaissait à peine une semaine auparavant était capable de mener à bien une opération de sauvetage dans les règles de l’art.

Bon, d’accord, il s’agissait d’une grenouille. Mais quand même !

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